Après le drone du Hezbollah, Israël tue un commandant Radwan — les pourparlers tiennentIllustration éditoriale (représentation stylisée, non documentaire).

Après le drone du Hezbollah, Israël tue un commandant Radwan — les pourparlers tiennent

« Par Patrick Lancier »

Le risque, pour qui suit l’argent et les négociations, n’est pas qu’Israël ait frappé. C’est que le Hezbollah ait voulu casser la table. Dans la nuit du 14 au 15 août 2026, un drone explosif du mouvement chiite armé par l’Iran a grièvement blessé trois soldats israéliens dans la zone de sécurité au sud-Liban. Tsahal a répondu en tuant Ali Samir Al-Haj Hassan, commandant de bataillon de la Force al-Radwan, dans un quartier général à Ansar. Le porte-parole du Premier ministre israélien, Doron Spielman, a dit à l’AFP que ces frappes « devraient relancer les négociations et les rendre beaucoup plus sérieuses, et non produire l’effet inverse ». Les pourparlers américains restent ouverts. Le Hezbollah, lui, pousse Beyrouth à les quitter.

Le Hezbollah attaque dans la zone de sécurité

L’accord-cadre de juin, parrainé par Washington, prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien et le déploiement de l’armée libanaise. L’Associated Press date la trêve au 20 juin et l’accord-cadre au 26 juin. Le Hezbollah n’en est pas partie et refuse les pourparlers directs. Samedi, il a attaqué des soldats israéliens à l’intérieur de la bande d’une dizaine de kilomètres où Tsahal opère, selon l’AFP. Trois soldats grièvement blessés. Le bureau de Benjamin Netanyahu a parlé d’une violation du cessez-le-feu. Pour un marché, c’est le choc d’entrée : ce n’est pas Jérusalem qui a rouvert le feu. C’est le Hezbollah qui a envoyé un drone sur des troupes chargées de protéger la frontière.

Jérusalem frappe le QG d’où l’ordre est parti

Tsahal dit avoir visé le quartier général d’où l’attaque a été ordonnée, à Ansar. Ali Samir Al-Haj Hassan, Force al-Radwan, a été tué, ainsi que plusieurs autres membres du Hezbollah impliqués dans la préparation d’attaques, selon le Jerusalem Post et la BBC. « Cible légitime au regard du droit international », a dit l’armée. Le Hezbollah avait placé la famille du commandant dans ce QG. Tsahal l’a appris après coup, a indiqué le PMO : méthode des boucliers humains, pour accuser Israël d’avoir visé des civils. Le ministère libanais de la Santé, via l’AFP, recense sept morts à Ansar, dont trois enfants et deux femmes. Dimanche, le Jerusalem Post a ajouté qu’à Deir ez-Zahrani, Tsahal a tué Abou Hassan Alaa, commandant de l’unité Badr, accusé d’avoir lancé des drones contre les soldats israéliens. L’AFP cite le même ministère : quatre morts et 17 blessés à Deir Zahrani.

Le coût humain à Ansar n’efface pas le fait militaire. Un QG Radwan dans un lieu habité, c’est le Hezbollah qui mélange les deux, pas une « habitation » isolée d’un commandement.

Les négociations doivent devenir plus sérieuses, dit Jérusalem

Un huitième cycle de pourparlers, sous égide américaine, était évoqué pour début septembre à Rome, selon l’AFP. Spielman, auprès de l’AFP, inverse le récit de l’escalade : frapper le Hezbollah doit durcir la table, pas la vider. Yechiel Leiter, ambassadeur d’Israël à Washington et chef de l’équipe de négociation, a prévenu Beyrouth, selon le JNS : se servir de cet épisode pour retarder ou arrêter les pourparlers « offrirait une victoire tactique aux ennemis de la paix ». « Faire dérailler les discussions, c’est précisément ce que cherche le Hezbollah. »

Le président libanais Joseph Aoun y a vu un « message clair » adressé au processus, selon l’AP. Le Hezbollah a promis une « riposte appropriée » et a appelé Beyrouth à cesser des négociations « humiliantes » (AFP). Deux lectures du risque. Jérusalem dit : la frappe doit rendre les pourparlers plus sérieux. Le Hezbollah dit : quittez la table. L’argent et la diplomatie suivent la seconde phrase si Beyrouth cède.

Le risque : que Beyrouth quitte la table

La trêve de juin n’est pas formellement rompue. Le Hezbollah l’a violée en attaquant des soldats israéliens. Israël a frappé le commandant qui, selon Tsahal, avait ordonné l’attaque. L’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a dit que les négociations « continueront » et que les opérations israéliennes s’arrêteront quand le Hezbollah posera les armes, rapporté par le JNS. Pour un investisseur, la phrase utile est celle de Leiter : le danger n’est pas la riposte israélienne. C’est que Beyrouth offre au Hezbollah la victoire tactique d’une table vide.

FAQ

La trêve est-elle rompue ?

Le Hezbollah l’a violée en attaquant des soldats israéliens dans la zone de sécurité, selon le PMO. L’accord-cadre de juin n’a pas été déclaré caduc. AP, AFP.

Les négociations continuent-elles ?

Spielman (AFP) : les frappes doivent les relancer et les rendre plus sérieuses. Leiter (JNS) : quitter la table serait une victoire pour les ennemis de la paix. Issa (JNS) : elles « continueront ». Un huitième cycle à Rome début septembre était évoqué (AFP).

Qui a été tué ?

Ali Samir Al-Haj Hassan, commandant Radwan, à Ansar. Dimanche, Abou Hassan Alaa, unité Badr, à Deir ez-Zahrani. Jerusalem Post.

Quel est le risque de marché ici ?

Pas un chiffre de Bourse. Un risque diplomatique : que Beyrouth suspende les pourparlers, ce que le Hezbollah demande. Jérusalem dit le contraire : la frappe doit durcir la table, pas la vider.

Sources


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