Renault-Nissan : 900 000 €, un contrat de 2009 et un procès sans Carlos Ghosn

Par Patrick Lancier

Paris — Depuis le 16 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Paris passe au crible un dossier de gouvernance qui touche l’ancienne alliance Renault-Nissan : des honoraires d’environ 900 000 euros (300 000 euros hors taxes par an) versés entre 2010 et 2012 par la filiale néerlandaise RNBV/RNVB à Rachida Dati, alors députée européenne. Carlos Ghosn, signataire du contrat du 28 octobre 2009, est jugé par défaut depuis le Liban ; le renvoi a été refusé. Le parquet national financier parle de démarche d’influence déguisée ; Mme Dati, entendue le 17 septembre, répète : « j’ai exercé comme avocate ». L’audience doit courir jusqu’au 28 septembre environ.

Pour les marchés, le débat porte moins sur la chronique politique que sur la gouvernance : comment un grand constructeur a-t-il pu rémunérer, via une filiale néerlandaise, une élue européenne pour des prestations dont le parquet national financier conteste la nature ? Mme Dati, poursuivie pour corruption passive et trafic d’influence, affirme avoir agi comme avocate.

Le contrat du 28 octobre 2009

Le contrat date du 28 octobre 2009. Il lie Rachida Dati, alors députée européenne, à Carlos Ghosn, alors à la tête de l’alliance automobile. Pour l’accusation, la rémunération n’aurait pas payé un véritable cabinet, mais une action d’influence. Pour la défense, il s’agit d’un mandat d’avocat, exercé dans les formes.

L’absence de Carlos Ghosn alourdit la scène sans l’interrompre. Installé au Liban depuis 2019, il n’a pas paru. Le tribunal a refusé le report : le procès suit son cours, M. Ghosn étant jugé en son absence.

À la barre, le 17 septembre

Interrogée le 17 septembre 2026, Rachida Dati a tenu une ligne nette : « j’ai exercé comme avocate ». Elle conteste la corruption comme le trafic d’influence. Le PNF maintient que les versements via la structure néerlandaise masquaient une mission d’influence au profit de Renault-Nissan.

Trois capitales — Paris, Amsterdam, Beyrouth — et deux figures publiques françaises se trouvent ainsi réunies dans un même prétoire : une élue devenue ministre, un industriel longtemps au sommet de l’automobile mondiale. Pour les chancelleries comme pour les marchés, l’enjeu n’est pas seulement pénal : c’est la lisibilité des liens entre mandat politique, Parlement européen et grands groupes.

Ce que fixe l’ouverture

Trois faits cadrent les premiers jours. Premier : le calendrier, du 16 au 28 septembre 2026 environ. Deuxième : les montants retenus par l’accusation — environ 900 000 euros sur 2010-2012, à raison de 300 000 euros hors taxes par an. Troisième : le refus de reporter malgré l’absence de Carlos Ghosn, désormais jugé par défaut.

En une phrase : Ouvert le 16 septembre 2026 à Paris, le procès Dati–Ghosn porte sur environ 900 000 euros d’honoraires (2010-2012) versés via une filiale néerlandaise ; Carlos Ghosn, absent, est jugé par défaut.

FAQ

Quand le procès s’est-il ouvert, et jusqu’à quand doit-il durer ?

Il s’est ouvert le 16 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris ; l’audience doit se poursuivre jusqu’au 28 septembre environ.

De quoi Rachida Dati est-elle accusée ?

De corruption passive et de trafic d’influence, pour des honoraires d’environ 900 000 euros perçus entre 2010 et 2012 (300 000 euros par an hors taxes) via RNBV/RNVB, filiale néerlandaise de Renault-Nissan, alors qu’elle était députée européenne. Le parquet national financier y voit une démarche d’influence déguisée en prestations d’avocat.

Quel est le rôle de Carlos Ghosn dans le dossier ?

Un contrat du 28 octobre 2009 le lie à Mme Dati. Installé au Liban depuis 2019, il n’a pas comparu ; le renvoi a été refusé et il est jugé par défaut.

Que dit Rachida Dati à la barre ?

Le 17 septembre 2026, elle a martelé : « j’ai exercé comme avocate », contestant la qualification de corruption et de trafic d’influence.

Pourquoi ce dossier intéresse-t-il au-delà du prétoire ?

Il croise pouvoir politique, mandat européen et grand groupe industriel, avec une audience à Paris et un coaccusé hors de France : la lisibilité des institutions françaises en dépend autant que le verdict.

Sources

  1. RFI — Le procès de Rachida Dati pour corruption au profit de Renault-Nissan s’ouvre sans Carlos Ghosn (16 septembre 2026)
  2. France 24 — Rachida Dati et Carlos Ghosn : accusation de corruption et de trafic d’influence (16 septembre 2026)
  3. franceinfo — Procès Dati maintenu malgré l’absence de Carlos Ghosn (16 septembre 2026)
  4. RFI — Jugée pour corruption, Rachida Dati martèle avoir exercé comme avocate (17 septembre 2026)



By Patrick Lancier

Journaliste d'investigation spécialisé dans les enquêtes financières d'intérêt public. Managing Editor, SLICE42 GROUP. Éditeur citizenkane / exaneintegrale. LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/patricklancier Facebook : https://www.facebook.com/patrick.lancier.9/ X : https://x.com/PatrickLancier X (média) : https://x.com/CitizenKanefr Tél / Telegram / WhatsApp : +447700004477